KRISS DXS

ou

« Quand un livre déclenche une passion Monumentale pour la couleur. »

Influencée par les cubistes (Georges Braque, Juan Gris), le Bauhaus (Kandinsky), l’art abstrait en général (Sonia et Robert Delaunay, Alexander Calder, Piet Mondrian), Henri Matisse et la tapisserie contemporaine (Jean Picart Le Doux, Jean Lurçat), nous avons affaire ici à une œuvre abstraite qui redevient concrète. Le processus de création est inversé. On part de la pensée universelle pour revenir au réel. Kriss DXS a placé un cadre aux codes précis dans lequel la créativité des couleurs, des formes et des dynamiques peuvent s’exprimer. On peut d’ailleurs parler ici de « curvisme » puisque l’expression de la ligne ne se traduit que par des courbes.

 

Destination des œuvres

Les œuvres de Kriss DXS se séparent en deux axes : 

- Celles qui font partie d'ensembles monumentaux proposés en installations. Elles sont destinées à une « mise en lumière » en technique de spectacle (écrans plasma, leds, projections…).

- Celles qui se présentent de manière autonome ou en séries réduites sont des pastels à l’huile encadrés et sous verre, de différents formats qui représentent des sujet abstraits ou figuratifs stylisés.

 

La technique

LE CHOIX DES MATÉRIAUX 

1) LE PASTEL À L’HUILE

Comme je l’ai signalé dans l’introduction, le pastel à l’huile est le matériau qui me semblait le plus adéquat pour ce type d’ouvrage. D’abord c’est une technique que je maîtrisais assez bien et avec plaisir (ce qui ne gâte rien !) grâce aux enseignements de M.Treillard. Il avait une affection particulière pour ce medium. Je le remercie chaudement pour la manière dont il nous a appris à travailler facilement cette texture en l’étalant comme un cirage sur la feuille grâce à ses fameux capuchons de stylo-bille « Bic » et pas autre chose ! Je le remercie d’autant plus que cette technique n’a même pas été répertoriée sur internet et que donc sans lui, je ne l’aurais jamais su !

Cette technique s’est donc très vite imposée comme une évidence. 

 

L’utilisation de certaines marques de pastels et l’exclusion d’autres n’est pas innocente non plus. Certains sont trop secs ou pas assez couvrant, les couleurs pas assez lumineuses… Mon choix s’est finalement porté sur les pastels à l’huile Van Gogh de Talens et Sennelier après avoir fait un certain nombre d’essais d’ans d’autres marques. Les Van Gogh m’ont plu pour l’éclat et la transparence des couleurs, le poudré du rendu sans exclure la facilité de manipulation. Les Sennelier, beaucoup plus gras sont bien plus couvrants, avec une très large gamme de couleurs. Par contre, il faut faire de la propreté d’exécution son cheval de bataille pour éviter les « catastrophes » car ils ont, pour certaine teintes bien saturées un petit côté « je me colle partout ». Le vice va même plus loin dans le sens où pour deux teintes équivalentes dans une des deux marques, j’ai choisi la marque qui me convenait le mieux au niveau matière car suivant les pigments utilisés, cela change parfois considérablement la texture du pastel, surtout chez Sennelier.

-L’alliance des deux types de pastels

Combiner ces deux matières somme toute assez différentes m’a permis d’enrichir mes dessins avec un jeu de profondeurs que je n’avais pas prévu au départ, simplement en étalant une matière au lieu d’une autre… Autrement, il n’y a que très peu de pastels semblables en couleur entre les deux marques, ce qui permet une palette bien plus riche et intéressante au final.

Les mélanges de pastels ne semblent pas toujours évidents ( c’est ce qui se dit sur le Net) mais néanmoins possibles. Le meilleur moyen que j’aie trouvé pour obtenir un mélange homogène de pastels sans se casser le poignet ni patauger dans le gras, c’est de mélanger un Sennelier avec un Van Gogh. On pose le pastel Sennelier comme base parce que c’est le plus gras ce qui permettra de mieux envelopper la deuxième couche, constituée d’un pastel plus sec, le Van Gogh. Bien entendu, tout ceci est travaillé avec mon fameux capuchon de « Bic » !

Pour les dégradés, c’est la même chose. Il faut un peu de patience pour obtenir le résultat voulu, en même temps les risques de se tromper avec un faux mouvement sont finalement assez restreints…

 

2) LE CAPUCHON DE STYLO-BILLE « BIC »

Le capuchon de « Bic » possède une ergonomie qui permet un certain nombre d’opérations (étaler les couleurs, rendre les bords des différentes surfaces plus régulières, gratter les erreurs….) lors de son utilisation avec un pastel à l’huile.

Tout d’abord, sa forme arrondie permet d’étaler le pastel sans faire de marques indésirables sur la feuille. Ceci n’est pas le cas avec les formes présentant des angles comme tous les autres capuchons.                                         

Pour les bordures, les surfaces,    

Affiner les contours enlever les façonner des angles précis.

Enlever les particules de matière indésirables,

Mais les capuchons s’usent et il faut les changer régulièrement, on s’en rend compte assez rapidement, lorsqu’ étaler devient synonyme de « galérer ».

Dernier conseil : un capuchon par couleur ça évite les catastrophes irréparables et au prix du capuchon, ce n’est pas la peine de s’en priver!

3) LE PAPIER

J’ai choisi le papier Canson à grain 224g pour des raisons de solidité et de type de grain. Je pense que c’est celui qui convient le mieux au pastel à l’huile.

Le papier doit être suffisamment épais pour que le travail d’étalement du pastel ainsi que les opérations de grattage ne puissent être visibles une fois le dessin fini. Il ne doit pas y avoir non plus d’effet de transparence du papier. On obtient tous ces avantages avec du 224g, pas en dessous, je sais, j’ai essayé.

 

4) LA GOMME

La gomme Läufer plast-0120 est la meilleure que j’ai trouvée pour effacer les erreurs et les petites imperfections effectuées avec du pastel à l’huile. Elle est suffisamment abrasive pour envelopper les particules de pastel sans laisser de trace rose ou bleue sur la papier. Gommer énergiquement jusqu’à ce que les fibres de la gomme aient enveloppé tout le pastel. Il restera toujours un petit quelque chose sur la feuille mais ça ne se verra pas lorsque vous aurez mis à la place la bonne couleur. Surtout ne pas étaler ni gratter avant car ce geste ne fait qu’incruster le pastel dans la feuille.

 

5) LE CHIFFON

Bien sûr ! La propreté, c'est le secret de la réussite au pastel à l'huile! :)

 

LE SYSTÈME DE « CONTRAINTES »

Pendant les années 90, j’ai suivi des cours d’écriture de chanson dans les ateliers de Claude Lemesle qui préconisait entre autres, la création dans une forme de contrainte. C’est une méthode qui a toujours très bien fonctionné pour moi, que ce soit dans la chanson ou dans le dessin.

Il disait toujours : « C’est dans la contrainte que sort le jaillissement », ce qui voulait dire que la facilité de ne pas s’astreindre à un schéma précis donne des faiblesses à l’œuvre donc en amoindrit le niveau général.

Il disait aussi lorsque nous ne trouvions pas de solution pour nos textes : «  Dans le Nirvana des chansons, la phrase existe ! » ce qui veut dire que soit on n’a pas assez cherché, soit on n’a pas cherché dans la bonne direction mais il y a toujours une solution. Et c’est vrai !!! Je l'ai expérimenté tellement souvent et dans tellement de domaines!!!

Ce sont ces principes qui m’ont permis d’élaborer le système précis que je vais vous présenter maintenant.

Le principe de construction des dessins part de l’abstraction : des courbes qui se croisent dans un espace. Par un jeu de codes, ces abstractions deviennent des chose concrètes ou des personnages, à l’inverse de l’histoire de la peinture de la première moitié du XXème siècle… mais c’est certainement ce qu’il s’est passé après le Big Bang...

Les limites que je me suis données ont permis d’élaborer des codes de représentation, ce qui à terme permet une lecture plus facile des symboles. Certains objets codifiés ont aussi évolué avec le temps, toujours pour une meilleure lisibilité.

1) Un nombre de couleurs restreint (voir le chapitre Installations/ Flot, la cathédrale/Le Choix des Couleurs où le nombre de couleurs limité pour chaque visuel, formant dans l’espace un fondu enchaîné avec les visuels voisins, de droite ou de gauche, d’en haut ou d’en bas, suivant la thématique des couleurs des points cardinaux.)

2) Pas de symétrie absolue, ni dans la répartition des couleurs, ni dans le dessin.

3) Pas d’angles dans le trait, que des courbes.

4) Pas de ligne droite absolue

5) Pas la même couleur dans deux zones contigües (sauf pour les visages de la première élévation dans "Flot, la Cathédrale", ce que j’ai abandonné pour la troisième élévation, considérant cette concession comme une faiblesse)

6) La contrainte du format, toujours décidé à l'avance. Par exemple, pour Flot, la Cathédrale tous les formats rectangulaires forment un multiple de feuilles A4 ( sauf pour les formats ronds des rosaces et des médaillons), séparés par des bandes noires de  5cm pour les différents « carreaux « des fenêtres (ou de 10 cm entre les fenêtres pour les grands formats se répartissant sur plusieurs fenêtres).

7) La contrainte de la série, qui oblige à se renouveler a partir d'un contexte donné et de vraiment "creuser" son sujet.